Génome : progrès et responsabilité

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Depuis les premières expériences de transfert de gènes dans les années 70, les techniques d’intervention sur le génome ont fait des progrès extraordinaires. Cela ouvre des perspectives très intéressantes, notamment pour le traitement des maladies, mais cela pose aussi des questions éthiques : jusqu'où aller ?

Qu’est-ce que le génome et la modification de séquence génomique ?

Le génome est l’ensemble des gènes d’un organisme. Il est constitué d’ADN et se retrouve dans les chromosomes. Au sein d’une même espèce, celui-ci est quasi-identique entre tous ses représentants : deux humains pris au hasard ont une homologie de leur génome de presque 100%. Entre espèces, il se peut aussi que les génomes soient très proches : le génome des chimpanzés et celui des humains sont identiques à plus de 98%.

Modifier le génome d’un végétal, d’un animal ou le génome humain, consiste à intervenir sur ses gènes. Un organisme est dit génétiquement modifié, et donc appelé OGM, lorsqu’on y introduit un gène issu d’une autre espèce, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, de bactéries ou virus.

Une technique qui découpe l’ADN pour mieux le réparer

L’immense potentiel de la technologie de modification de séquence génomique

Les avancées scientifiques en matière de méthodes de modification du génome représentent un progrès majeur dans les sciences de la vie. C’est le cas pour l’accélération de la recherche et du développement, par exemple, sur les médicaments et traitement des maladies génétiques chez les humains et animaux, ou sur la possible production de variétés végétales nouvelles ou encore sur le développement d’outils biologiques novateurs de lutte contre les parasites et les maladies.

Si les potentiels de ces modifications sont multiples pour la société, tant au niveau socioéconomique qu’environnemental, elles divisent aussi l’opinion publique, remettent en question le cadre législatif actuel et suscitent des discussions politiques.

 

La modification du génome chez les plantes pour nourrir

Concernant les plantes, les OGM permettent par exemple de rendre les cultures résistantes aux influences environnementales et aux nuisibles, et contribuent ainsi à répondre à la demande en denrées alimentaires, en aliments pour animaux, en fibres et en carburant. Des OGM peuvent être créés pour tolérer un produit de protection des plantes, protégeant par exemple les cultures contre les mauvaises herbes. Un apport spécifique pour la santé peut également être recherché.

Prenons l’exemple du riz, aliment de base de certaines régions du monde. Une université suisse a développé un OGM appelé le « riz doré ». Pour pallier les carences en vitamine A des populations d’Afrique et d’Asie du Sud-Est dépendantes de cette céréale, des modifications génétiques ont permis de créer des variétés de riz contenant du bêtacarotène, un précurseur de la vitamine A.

Les OGM complètent donc la sélection variétale traditionnelle qui consiste à croiser deux plantes choisies pour leurs caractères intéressants et complémentaires, afin de les réunir dans une seule plante.

Cette technologie est une avancée importante tournée vers l’avenir mais entraîne de nombreuses craintes. Par application du principe de précaution, la France a interdit la culture des OGM végétaux sur son territoire. En revanche, l’Europe (et donc la France) en importe, principalement du soja OGM pour l’alimentation animale. Un dialogue ouvert avec toutes les parties prenantes, qui permette d’expliquer cette technologie et de rassurer le consommateur, serait essentiel.

 

La modification du génome chez les humains pour guérir

La thérapie génique consiste à intervenir sur les gènes des êtres humains, pour soigner les maladies génétiques, le plus souvent monogéniques.

Celle-ci a fait des progrès énormes ces dernières années, notamment avec la méthode CRISPR/Cas9 qui permet d’intervenir de manière ciblée, comme s’il s’agissait d’une intervention chirurgicale de précision, à moindre coût.

En novembre 2017, une nouvelle étape a été franchie lorsque le Californien Brian Madeux, 44 ans, a reçu une injection de copies d’un gène correctif pour tenter de guérir sa maladie de Hunter, une maladie héréditaire rare. L’injection était destinée à modifier directement le code génétique de Brian Madeux, en retirant les segments défectueux du génome et en le reconstituant.

En cas de succès, ce traitement sera un grand pas vers l’application médicale de la technologie de modification de séquence génomique.

Mais sommes-nous en train d’ouvrir une boîte de Pandore ? Puisqu’à présent nous pouvons le faire, devons-nous nous demander si nous en avons le droit ?

 

Modification du génome : sommes-nous suffisamment responsables ?

Les potentiels de la modification du génome chez les plantes et de la thérapie génique chez l’homme sont très vastes et doivent être abordés avec responsabilité et éthique.

En décembre 2015, le sommet international sur la correction du génome humain rassemblant les scientifiques qui travaillent sur cette question a par exemple établi une ligne rouge à ne pas franchir sur les lignées germinales, c’est-à-dire sur les cellules reproductrices de l’Homme. Les scientifiques avaient conclu leurs travaux en appelant à un moratoire des modifications génétiques des gamètes et des embryons. Au plan international, ces recommandations ont été adoptées de manière inégale. À ce jour, quarante pays, dont la France, ont promulgué des lois restreignant ou interdisant les modifications de lignée germinale.

La technologie de correction de séquence génomique a un potentiel immense et un pouvoir infini. Pour profiter des bénéfices considérables que promet la modification du génome, nous devons avancer vers un consensus scientifique éthique. Il y a parfois trop de choses que nous ignorons concernant les systèmes aussi complexes que la génétique et la reproduction humaine. Avant de poursuivre les recherches simplement parce que nous le pouvons, il est important de déterminer si nous en avons le droit.
Génome : progrès et responsabilité

La position de Bayer

Pour Bayer, la modification du génome ouvre des champs très intéressants pour les avancées scientifiques et le traitement des maladies, mais elle présente aussi des risques qui doivent être compris et gérés. La clé de l’approche de ces nouvelles techniques qui permettent de faire progresser la science pour le bénéfice de tous repose sur la responsabilité. Celle-ci se traduit par :

-  Le respect de toutes les limites réglementaires,

-  L’appui du moratoire proposé par les scientifiques en 2015 et donc le refus d’altérer la lignée germinale humaine,

-  La contribution au développement d’un cadre réglementaire clair,

-  La modification du génome de manière précise, efficace, responsable, notamment en recourant à des méthodes ciblées de ciseaux génétiques,

-  L’appel à un débat de société pour trouver un cadre réglementaire favorable à l’innovation pour la modification du génome en santé humaine.

En Europe, Bayer prend en considération les attentes de la société et n’envisage pas de développer et de commercialiser des plantes OGM tant que cette technologie ne sera pas acceptée par celle-ci.

La position de Bayer

Pour Bayer, la modification du génome ouvre des champs très intéressants pour les avancées scientifiques et le traitement des maladies, mais elle présente aussi des risques qui doivent être compris et gérés. La clé de l’approche de ces nouvelles techniques qui permettent de faire progresser la science pour le bénéfice de tous repose sur la responsabilité. Celle-ci se traduit par :

-  Le respect de toutes les limites réglementaires,

-  L’appui du moratoire proposé par les scientifiques en 2015 et donc le refus d’altérer la lignée germinale humaine,

-  La contribution au développement d’un cadre réglementaire clair,

-  La modification du génome de manière précise, efficace, responsable, notamment en recourant à des méthodes ciblées de ciseaux génétiques,

-  L’appel à un débat de société pour trouver un cadre réglementaire favorable à l’innovation pour la modification du génome en santé humaine.

En Europe, Bayer prend en considération les attentes de la société et n’envisage pas de développer et de commercialiser des plantes OGM tant que cette technologie ne sera pas acceptée par celle-ci.

L.FR.COM.05.2018.4859

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