Produits phytosanitaires et protection des plantes

Bien avant les antennes-relais et la pollution de l'air, les produits de protection des plantes (aussi appelés produits phytosanitaires ou pesticides...) ont fait l'objet de nombreuses controverses à propos de leur impact sur la santé et l'environnement. Le questionnement est légitime, mais réduire ces produits aux seuls risques qu'ils représentent, c'est oublier les bénéfices qu'ils apportent et les strictes conditions d'utilisation qui les encadrent.

Un champ d’application très vaste

Dès les débuts de l'agriculture, l'Homme a développé diverses stratégies pour préserver le potentiel des cultures contre les insectes ravageurs, les maladies et les herbes concurrentes qui entraînent des pertes de récoltes importantes. Au XXe siècle, les progrès de la chimie ont donné naissance aux produits phytosanitaires (insecticides, fongicides et herbicides). Ils ont remplacé le binage à la main dans les pays développés et contribué à une très forte progression des rendements après la seconde guerre mondiale.

Les années 1980 ont marqué la fin de la lutte chimique à tout va. Aujourd'hui, les normes de mise en marché des produits, plus exigeantes, s'harmonisent à l'échelle européenne et les stratégies de protection des cultures deviennent plus sophistiquées et raisonnées, ne serait-ce que pour éviter le développement de résistances.

Malgré cela, les interactions entre produits phytosanitaires, environnement, santé des consommateurs et des agriculteurs, suscitent de vives controverses.

Une réglementation de plus en plus stricte

Avant même d’envisager la commercialisation d’un produit, un travail de pointe en R&D est mené par le laboratoire et les autorités : 10 ans de procédure sont nécessaires pour une autorisation de mise sur le marché, 300 études sont nécessaires pour chaque évaluation, 40% des études contenues dans le dossier AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) portent sur les risques liés à l’impact sur l’environnement et 1 molécule sur 150 000 satisfait les critères d’évaluation.

En sus, pour répondre aux questions de la société civile en matière de qualité sanitaire de l’alimentation, les autorités européennes ont adopté des règles d'homologation des matières actives très contraignantes. Pour être autorisé, un produit doit naturellement, dans les conditions normales d’emploi, être sans risque pour l’homme et l’environnement, un préalable indispensable pour toute autorisation de mise sur le marché. De nouveaux domaines de la toxicologie sont pris en compte de manière plus précise. Sont également mis en place des critères d’exclusions stricts, fondés sur les seuls dangers intrinsèques des substances. Enfin, l’évaluation des risques pour les personnes qui travaillent dans les parcelles après un traitement, les riverains et les promeneurs est encore plus poussée.

Toutes les questions ne sont pas pour autant levées, et les recherches se poursuivent, par exemple pour étudier la toxicité et la nocivité éventuelles de combinaisons de produits. Ce point est jugé prioritaire dans tous les rapports et les plans santé-environnement.

Vers une nouvelle approche de la protection des plantes

Ces dernières décennies, la protection des cultures a considérablement évolué grâce à l'implication de toute la filière, des fabricants de produits aux organisations agricoles en passant par les centres de recherche et les instituts techniques. Elle intègre de nouveaux produits de synthèse plus sûrs, la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles, et le développement de solutions alternatives :

  • produits de biocontrôle : organismes vivants (coccinelles, larves, bactéries, etc.), médiateurs chimiques (phéromones, kairomones) ou autres substances d’origine biologique,
  • produits d’origine minérale ou naturelle, destinés notamment à l’agriculture biologique, tels que le cuivre ou le soufre à l’état naturel, l’huile essentielle de thym, etc.,
  • agriculture digitale en complément des produits conventionnels.

Face à l'augmentation de la population mondiale, il est impératif de maintenir des rendements agricoles de bon niveau afin d'assurer la sécurité alimentaire à l'échelle de la planète. Dans ce contexte, la disparition totale des pesticides de synthèse n'apparaît pas réaliste à court ni moyen terme ; ils ont un rôle à jouer aux côté de solutions alternatives, dans le cadre d'une approche globale et concertée.